3. L’acquisition d’un chiot et son éducation
Il faut savoir que l’inscription à titre initial n’a plus cours chez le Rottweiler. Donc si on vous dit « il n’a pas de papier, mais il peut les avoir », fuyez à toutes jambes. En obtenant la fermeture de cette inscription, le CFR a porté un coup sévère aux marchands de chiens sans scrupule. Qui s’en plaindra aujourd’hui ? Soyez tout de même vigilant, car le Rottweiler reste néanmoins un chien à la mode et une production médiocre existe toujours sur le marché.
Son arrivée à la maison sera préparée à l’avance avec l’achat des accessoires de bases : gamelles, rehausseur de gamelles, tapis de couchage, et colliers. Ne mettez pas trop cher dans ce dernier car votre Rott grandira très vite et il sera donc nécessaire de lui en changer régulièrement jusqu’à la fin de sa croissance.
Lorsqu’il arrive, il ne faut pas perdre de temps : le rottweiler a une excellente mémoire. Il enregistre tout facilement, ce qui est bon pour lui, et ce qui est mauvais pour vous aussi !
Donc ces maîtres ne devront pas s’apitoyer sur son sort, même s’il a l’air très malheureux, et même s’il est très craquant. Les interdits seront posés très rapidement et hors de question de céder aux premiers caprices (ni après d’ailleurs).
Il ne faut pas lui hurler dessus ou être brutal : il a besoin de toute façon d’un cadre, d’un foyer, équilibré pour s’épanouir harmonieusement. En cas de bêtise, il faudra savoir doser la gravité et réagir, comme par exemple le prendre par la peau du coup et le secouer en prononçant un ‘non’ sur un ton ferme. Mais uniquement lorsqu’il est pris sur le fait. Si ce n’est pas le cas, cela ne sert à rien.
Le chiot Rottweiler, comme tout chiot, devra pouvoir dormir et se reposer à son aise, sans qu’on vienne le déranger, sans qu’on l’oblige à bouger en pensant qu’il dormira mieux la prochaine nuit, ce qui lui évitera des pleurs ! Un chiot a besoin de sommeil dans la journée et penser le fatiguer risquerait d’entraîner des troubles. En cas de pleurs intempestifs la nuit, il faut prendre son mal en patience, ne pas aller le voir pour le consoler ou le réprimander et ne pas le faire dormir sur votre lit : vous signez sinon votre ‘arrêt de mort’ !
Au pire, vous pourrez l’installer dans un parc , dans un coin de la chambre si cela est vraiment insupportable de l’entendre pleurer. Mais il faut lui bien comprendre qu’il doit faire le deuil de sa mère et de ses frères et sœurs auxquels on vient de « l’arracher ».
Il faudra poursuivre la socialisation, étape incontournable, en le promenant dans des endroits variés afin qu’il croise d’autres humains, d’autres chiens, d’autres animaux, qu’il entende des bruits divers pour que plus tard il ne soit pas terroriser par une mobylette, le bruit d’une porte qui claque, de l’aspirateur que l’on passe partout dans la maison ou des pétards du 14 juillet. Les tests mis en place par le CFR insistent d’ailleurs beaucoup sur cette notion de sociabilité du chien, qui est vraiment très importante.
L’apprentissage des ordres, la marche en laisse, le rappel, etc, se feront progressivement. Patience, toujours de la patience. Il est possible qu’il ne se soumette pas à la première sollicitation, mais c’est aussi pour cela que le challenge est intéressant à relever. On aime les chiens de caractère ou on ne les aime pas ! Il faut le respecter, c’est la seule condition pour obtenir la réciproque et se montrer au fond un maître responsable. C’est peut être ce qui détourne finalement les personnes mal intentionnées qui pensaient trouver en ce chien un objet de mode, objet de frime, mais qui se sont vite rendu compte qu’un chien, ce n’est pas comme un portable que l’on éteint pour avoir la paix et qu’on rallume quand bon nous semble.
Trop de sollicitations et surtout, des fins de séances sur des échecs, des cris, des énervements, ne seraient pas constructifs. N’oubliez surtout pas la récompense : caresse en premier (et sans modération), les compliments auxquels le Rott est très sensible et friandises adaptées. Le ventre a ses raisons que la raison connaît !